Autant il est bon, voire nécessaire, d’offrir à son
chien un bon os en peau de buffle pour qu’il puisse se faire
les dents et le ronger en toute innocuité, autant l’os à rogner
que le boucher vous garde chaque semaine, ou celui que certaines
alimentations dites « holistiques » préconisent,
présente des dangers.
En effet, les vétérinaires, ou les praticiens de
santé animale, auront tous, si vous les interrogez, des
réticences, et pour cause. Combien de cas de chiens mangeurs
d’os ont-ils été obligés d’opérer
?? A la suite d’ingestion d’os, ou de morceaux d’os,
les occlusions intestinales ne sont pas rares. Les risques de perforation
des muqueuses gastriques ou intestinales sont également
possibles. Dans certains cas graves, le vétérinaire
ne parviendra pas à sauver le chien.
De plus, sans pour autant que survienne l’occlusion,
il est fréquent que ces os ingérés fassent
se former une sorte de « poudre d’os », laquelle
se mélange au bol intestinal, puis produit des selles très
dures, des fécalomes, qui font beaucoup souffrir le chien.
Dans ce cas, il n’y a pas hélas d’autre solution
qu’une anesthésie générale, des lavements,
avec une collaboration de deux praticiens pour que l’un masse
le ventre (pour tenter de fragmenter ce fécalome) tandis
que l’autre utilise une pince atraumatique, à l’autre
extrémité, qui permet d’extraire de l’anus
du pauvre chien ces morceaux, l’un après l’autre.
Nous avons la chance de vivre dans des sociétés évoluées
où les recherches en nutrition animale progressent régulièrement.
Les croquettes disponibles sur le marché sont actuellement
d’excellente qualité, adaptées de surcroît à tous
les cas les plus fréquents des pathologies canines communes.
Chien actif, chien sédentaire, chien allergique, chien sensible,
chien âgé, chacun selon ses critères personnels
peut trouver une alimentation spécifique et personnalisée.
Nos chiens sont avant tout des mammifères, carnivores domestiques,
et non des rongeurs… Rappelons aussi que chez les canins,
les joies de l’os à rogner sont avant tout comportementales,
et non alimentaires. En cela, l’os de buffle est parfait,
et se change facilement.
De plus, concernant la viande crue qui entoure
souvent l’os du boucher, il est important de rappeler que
les risques de parasitose existent, ainsi que ceux, tout autant à prendre
en considération, de zoonose (maladie transmissible de l’animal à l’humain
ou de l’humain à l’animal). Qu’un chien
mange de la viande, c’est tout à fait normal, mais
qu’il la mange crue n’a rien d’obligatoire, au
contraire. Nous connaissons bien aujourd’hui les dangers
(en terme d’hygiène et de santé générale)
que représente la viande consommée crue. Le chien
ne possédant pas beaucoup de papilles gustatives, il n’est
pas important pour lui que sa viande soit crue ou cuite, l’essentiel étant
qu’il puisse avoir sa ration nécessaire quotidienne
de protéines carnées.
Il est tout à fait possible de nourrir
son chien ou son chat avec une alimentation traditionnelle préparée à la
maison. Encore faut-il avoir du temps pour cela, de bonnes connaissances
en nutrition animale et surtout des aptitudes mathématiques
pour établir le rationnement adéquat. En effet le
traditionnel 1/3 viande, 1/3 légumes, 1/3 riz ou pâtes
demeure totalement carencé = il manque les acides gras mono-insaturés
et poly-insaturés, le complément phospho-calcique
et les apports vitaminiques, l’ensemble étant absolument
nécessaire pour permettre au chien une bonne santé et
un système immunitaire solide.
C’est en cela que répondent parfaitement les croquettes élaborées
par les grandes marques de nutrition vétérinaire,
et l’ensemble des marques connues proposées par les
grandes surfaces.
Ainsi, ne retournons pas à l’âge de pierre
!! Faisons profiter nos compagnons à 4 pattes des recherches
menées pour eux. Une bonne tranche de jambon de poulet ou
de dinde, un steack haché bien cuit, leur fera autant plaisir,
de façon exceptionnelle, tout en leur évitant bien
des désagréments (à condition de ne pas les
nourrir exclusivement de cette manière, s’entend).
Auriez-vous envie, vous-même, de devoir à votre tour
cueillir des baies dans des buissons piquants, de gober éternellement
des œufs sans les cuire, ou de mâcher indéfiniment
des racines, sous prétexte d’alimentation « adaptée » à notre
espèce humaine omnivore ?
Protéger son animal, l’aimer et le garder longtemps
en santé passe aussi par le choix d’une alimentation
adéquate à son égard. Votre vétérinaire
et votre praticien de santé animale sont là pour
vous guider, vous conseiller, vous soutenir, dans ce choix, en écoutant
attentivement l’histoire de santé de votre chien.
En effet, la nutrition de nos animaux domestiques est différente
de la nôtre, leurs besoins également, et leur préparer
des bons petits plats maison qui soient équilibrés
n’est pas toujours si simple. Car si le « fait maison » reste
possible, il ne doit pas en revanche rimer avec restes de table.
Il doit au contraire respecter les besoins de l’animal et
tenir compte, entre autres, de son âge ainsi que de sa santé générale.
Carole B-MORIN
Phyto-Aromathérapeute spécialisée Canins
et Félins
Auteure – Fondatrice du Cerpav http://cerpav.site.voila.fr/
Contact : Caromoricerpav@aol.com
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