Annexe 2 : Les réintroductions de vautours.(Carte 1 et carte 2)

De tous temps, les vautours ont eu à disposition des cadavres d'animaux domestiques abandonnés à leur intention par les bergers. Dans les Causses, au relief karstique, certains éleveurs avaient pourtant la très mauvaise habitude de s'en débarrasser dans les avens ou les dissimulaient sous d'épais fourrés. Enfin, il n'était pas rare, jusqu'à ces dernières années de voir de grands hêtres " enguirlandés " de cadavres jetés du haut des falaises voisines des bergeries : autant de biomasse polluante et inaccessible aux vautours, pas toujours aux renards, aux corvidés ou aux mouches !

Le choix du site de réintroduction se justifie en fonction de critères historiques (extinction dans les années 1930-1940 [3,11,32]), trophiques (élevage ovin dynamique et florissant [7]) et de qualité de biotope (quiétude, falaises favorables au repos et à la reproduction. Aérologie et climatologie favorables).
Le projet a vu le jour dès 1970, année où 4 juvéniles d'origine espagnole - donc erratiques - ont été relâchés : cette première initiative est un échec. Les relâchers suivants ont lieu de décembre 1981 à 1986, selon un protocole bien réfléchi. 86 oiseaux ont servi de noyau fondateur. Ils sont issus de parcs zoologiques collaborateurs, de centres de sauvegarde de la faune sauvage français et espagnols, de reproduction en captivité en volières construites dans le site de Cassagnes (Causse Méjean). Des individus exogènes renforcent la colonie des Grands Causses, forte, début 1999, de 250 à 275 oiseaux dont 75 couples formés (pour.six de moines) [8].
Le projet vautour moine suit, tout naturellement, en 1992 [37]. A noter la réinstallation spontanée du vautour percnoptère [2], dont la première reproduction réussie a lieu en 1997 et le renforcement de la population d'aigles et de milans royaux.

D'autres projets, dans le Sud-Est de la France (Carte 1 et carte 2) se sont concrétisés après évaluation des critères de choix (historiques, biocénotiques et humains) et dans l'euphorie des succès remportés par l'expérience pionnière des Grands Causses : dans les Gorges de la Vis / Cirque de Navacelles, dans le Sud-Larzac, dès 1988, dans les Baronnies drômoises (1994) où le Docteur Alain BOUTONNET, vétérinaire praticien, coordonne l'entreprise. Dès le premier printemps, 4 percnoptères, oiseaux disparus du secteur depuis plus de 12 ans, exploitent le charnier de proximité. Milans et aigles royaux réapparaîssent [13]. Les projets du Diois, dans les falaises du Vercors et des Gorges du Verdon sont à des degrés d'avancement divers. Les premiers relâchers du Verdon sont programmés en octobre 1999 : ces trois derniers programmes visent la recolonisation de l'arc alpin, en collaboration avec les sites italiens de réintroduction (Alpes d'Udine / 1992. Abruzzes / 1994) [7]. En Sardaigne, la population nicheuse est en déclin : 20 couples nichent en 1986 ; des relâchers effectués de 1987 à 1989, associant, comme partout information et mesures de protection, permettent une remontée à 40 couples, en 1994 [35].
Le projet concernant le gypaète barbu dans l'arc alpin voit le jour en 1986 en Autriche (Rauris), 1987 en Haute-Savoie [8,9], 1991 dans le Parc National Suisse (Canton des Grisons-Engadine) et en 1993 dans le Parc National français du Mercantour (Alpes maritimes et de Haute-Provence) : en France, le premier jeune s'envole en 1996 [8,9].
Dans les Pyrénées, le renforcement naturel de population (par apports alimentaires en charniers d'os légers et périodiques) [31] semble bien porter ses fruits, tant sur le versant nord qu'au sud.



Planche 1.
Annexe 3:l'arrêté du 07/08/1998 Sommaire


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