LES NOURRISSAGES ARTIFICIELS
Charniers collectifs et individuels : avantages et limites.

Historique

En France, Michel BROSSELIN (=), Michel et Jean-François TERRASSE ont largement tracé la voie même si , en fait, les bergers en ont été les pionniers.
60 couples se reproduisent, dans les années 1960, en France. Dès 1969, en réaction au déclin de la dernière population de vautours fauves des Pyrénées occidentales, des actions de nourrissage sont pratiquées en hiver, à l'initiative du F.I.R.. Ces interventions sont assorties de campagnes d'information et d'éducation en direction des écoliers, des bergers, des chasseurs et des autres usagers de la montagne.
En 1998, on recense 400 à 450 couples reproducteurs sur le versant français (Tableau 1).
Le F.I.R., pionnier dans cette démarche, l'a également été en matière de réintroduction ou de renforcement de populations (vautours moines des Baléares -1987-, fauves et moines des gorges de la Jonte / Cévennes - Causses, gypaète barbu en partie française de l'arc alpin, projet de renforcement de la population de percnoptères du Lubéron) (Cartes 1, 2 et 3. Annexe 2). Ces actions originales sont reconnues aux niveaux européen et mondial. Les charniers artificiels sont l'outil privilégié d'une telle gestion.

Les apports alimentaires de complément permettent d'assurer le cantonnement et la fixation des oiseaux nouvellement relâchés (méthode du " taquet ", voir infra), de contrôler plus facilement l'identité d'individus marqués dans le cadre d'un suivi scientifique (bagues, décoloration de plumes, oiseaux à marques distinctives naturelles) et leur éventuelle capture ou re-capture momentanées. Ils permettent aussi de soustraire ces oiseaux à certaines destructions (volontaires ou non), d'étendre la zone de prospection et, dans un second temps, l'aire de répartition de l'espèce en multipliant les sites de fixation et de reproduction favorables.
Un tourisme de vision bien encadré peut découler de ces interventions, pour le bien général. Le risque induit par ces fixations trophiques peut en être des dérangements intempestifs, un cantonnement excessif et une artificialisation des conditions de vie de ces charognards devenus, parfois, dépendants : certains naturalistes scientifiques peuvent objecter leur manque de NATUREL.
Cet argument de naturaliste très rigoureux et puriste peut se discuter sur une base scientifique et dans le cadre d'une éthique argumentaire. Par contre, quand la santé publique et celle des animaux domestiques de rente vivant dans les mêmes biotopes que les vautours sont remises en question, les avis sont souvent plus péremptoires. L'association et la complémentarité des données et investigations bactériologiques et écologiques peuvent pourtant constituer des éléments de meilleure compréhension - dont l'épidémiologie - et appréciation de la place de ces charognards et de leurs proies dans l'environnement.
Ici encore, nous allons surtout considérer le cas de ces vautours fauves, même si les références bibliographiques mettent en avant d'autres espèces, parfois exotiques.

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