Les VAUTOURS collaborateurs naturels l'équarrissage, en France.
" UBI PECORA, IBI VULTURES ".

INTRODUCTION.

Vautour fauve devant son
Vautour fauve devant son "couvert" habituel,une carcasse de brebis,ici en compétition avec un grand corbeau(corvus corax).
(c) C.Coton/LPO Grand Causses.

"Là où il y a du bétail (donc, des bergers), il y a des vautours", selon le vieil adage romain cité en exergue par Marianne CHASSAGNE [7] dans sa thèse de doctorat vétérinaire consacrée à l'étude de la population de vautours fauves (Gyps fulvus) réintroduits dans les Causses.
Ceux du Nouveau Monde, de la famille des Cathartidés, profitent toujours largement des productions de la faune sauvage, en zone maritime littorale (échouages), forestière, de steppe ou de montagne, comme en Afrique. Par contre, sur le Vieux Continent, les vautours sont le plus souvent des commensaux quasi obligatoires de l'homme depuis la période historique : ces nécrophages stricts dépendent étroitement de déchets des activités d'élevage.
Les interactions entre ces trois groupes (animaux domestiques - homme - vautours) sont souvent étroites et synergiques dans leur biotope commun rural. Elles peuvent moins l'être si l'homme est un hygiéniste, bactériologiste citadin et pastorien convaincu, vétérinaire même.
Croyances populaires et préjugés en opposition à l'écologie et à l'éthologie sont parfois susceptibles de dévoyer des esprits les plus scientifiques. Certains confrères y semblent avoir succombé.
Selon une classification manichéenne, ils ont un rôle utile reconnu des usagers de la nature : ce sont des éboueurs. Leur régime alimentaire est peu flatteur. Malgré cela, ils bénéficient d'une aura favorable, tant dans le Nouveau que dans l'Ancien Monde (1).
Depuis le 7 août 1998 (Journal Officiel du 20 août 1998), la Loi française leur reconnaît, enfin, un rôle effectif et officiel dans le cadre du service public de l'équarrissage. L'aboutissement de démarches longues de...16 ans, initiées par Michel TERRASSE, vice-président du Fonds d'Intervention pour les Rapaces (FIR : mission Rapaces de la Ligue pour la Protection des Oiseaux, LPO) a nécessité "un passage de relais". Dès 1992, la collaboration confraternelle de vétérinaires du terrain, membres ou non d'associations spécialisées, avec ceux de la D.G.Al.(Direction Générale de l'Alimentation, Ministère de l'Agriculture. PARIS) , de la DNP (Direction de la Nature et des Paysages) et de la DPPRI (Direction de l'Eau et de la Prévention des Pollutions et des Risques Industriels) du Ministère de l'Environnement a abouti à cette reconnaissance légitime et bien encadrée par un texte. Cet Arrêté Interministériel est un outil supplémentaire de gestion de populations animales sauvages à statut légal déjà bien défini.
Qui sont ces charognards en France ? Comment vivent-ils ?
Intégralement protégés sans objection depuis 1962, risquent-ils de proliférer ? Sont-ils utiles, menacés, respectés, de dangereux vecteurs, nuisibles, craints ou honnis ?
Je ne m'étendrai pas sur la biologie de nos quatre charognards et résumée en Annexe 1. Les intérêts et avantages du soutien alimentaire aux populations menacées nous sont bien connus. Quelles sont les exigences réglementaires, les inconvénients et les limites de ce mode de gestion trophique dynamique en France ?

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