LES VAUTOURS FRANÇAIS.

Les rapaces sont, souvent, des prédateurs secondaires ou tertiaires. Comme l'homme.
Situés en bout de chaîne alimentaire, ils sont donc étroitement tributaires des ressources trophiques, la biomasse disponible, en quantité et en qualité, le couvert. Ils dépendent, tout autant, de la qualité de leur biotope, leur territoire vital. Ce dernier, en règle générale, contient le lieu de repos et site de reproduction, le gîte [28].

La notion de Couvert et de Gîte appliquée aux vautours.

Les vautours de l'Ancien Monde, de la famille des Accipitridés [7], sont exclusivement charognards. Ils exploitent une biomasse animale à son stade biologique ultime, sous forme de cadavres et de leurs issues (2).
Il existe une certaine spécialisation : le vautour fauve (Gyps fulvus) intervient en première intention. Il entame la proie à la faveur des orifices naturels et se nourrit de tissus mous (muscles, viscères). Le vautour percnoptère (Neophron percnopterus) profite des miettes et débris. Il se montre, à l'occasion, coprophage [1,17] et peut même capturer de petites proies vivantes [7] (rongeurs et insectes) ou casser des œufs...
Le vautour moine (Aegypius monachus) présente des adaptations anatomiques et physiologiques lui permettant d'exploiter les tissus plus coriaces [10,15] (tendons, aponévroses, peau). Enfin, le gypaète barbu [9,14] (Gypaetus barbatus) a une préférence marquée pour les os et la moelle : la mission d'équarrissage est donc rapide, efficace et complète grâce à ces nécrophages aux adaptations physiologiques et anatomiques très performantes (vol, immunité, physiologie de la digestion, outils : bec, serres, plumage du cou, vue, grégarité...). Voilà pour le couvert.

A l'exception du vautour moine qui préfère, en Europe, établir son aire volumineuse dans un arbre (Causses, Sierras espagnoles [12,15]. Aux Baléares, il niche sur les pins accrochés aux falaises côtières. En Mongolie, il niche en falaise nue [10,14]), ces oiseaux sont des nicheurs rupestres : ils se reposent aussi dans ces parois, la nuit ou par mauvais temps. La reproduction débute très tôt en saison, au début de l'hiver (parades et construction ou réfection de l'aire). Les couples sont très souvent fidèles à ce site [14,15]. Les falaises tranquilles, en montagne, leur sont donc un gîte nécessaire - peut-être par obligation, face à des persécutions passées -. Les conditions météorologiques (pluie, vent, soleil, neige) et le degré d'ouverture du milieu influencent l'efficacité de ces voiliers dans leurs prospections alimentaires [41].

La France héberge, en 1998, 4 espèces de vautours : le vautour fauve [36,37,38], le moine [39], le percnoptère [1,2] et le gypaète barbu [9,31,38] (Annexe 1).

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